Retour du festival Zagoa (Maroc) – par Tisba
Tout nouveau tout chaud, le Zagoa Festival était la manifestation électro à ne pas manquer le mois dernier dans le sud du Maroc.Programmé du 30 Mai au 3 Juin, ce festival Trance avait l’énorme particularité de se dérouler dans le chaleureux désert du Sahara.
Il fallait donc avoir le goût de l’aventure pour se rendre du côté de Mhamid el Ghizlane, petite bourgade située à un peu moins de 500 kilomètres de route de Marrakech.
Débarqués dans celle que l’on nomme la ville ocre, nous nous sommes pointés à la gare pour intercepter une navette affrétée par l’organisation du festival : direction le Sahara. Un peu de retard avant l’embarquement nous a permis de faire la connaissance d’autres festivaliers : Carole, une française accompagnée de son ami espagnol Edgar ainsi qu’André et Bruno, un duo d’artistes brésiliens programmé pour le Festival.
Quelques instants plus tard (le temps de faire goûter quelques produits locaux à nos nouveaux partenaires et de boire quelques verres) et nous voilà embarqués pour l’aventure à bord d’un 4 x 4 conduit par un chauffeur expérimenté Ali : il est un peu plus de 3 heures du matin…
10 heures se sont écoulées et après n’avoir dormi que quelques instants (afin de tenir compagnie à Ali, notre valeureux chauffeur) nous voilà arrivés à Mhamid el Ghizlane dans la Palmeraie d’Ouled Driss.

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Tout démarre pour nous à l’hôtel Le Pacha ! Après avoir récupéré nos différents tickets (entrée, bivouac) et bracelets, nous investissons les lieux. En raison de la chaleur incroyable, c’est aux abords de la piscine que la partie diurne du Festival (de 13 heures à 19 heures) va se dérouler.
Le cadre est parfait ! Une grande et très accueillante piscine (vue l’incroyable chaleur) se dresse devant nous. Elle est entourée de paillotes, de transats et fait face à un bar offrant un large choix de boissons fraîches avec ou sans alcool. Nous sommes emballés par les lieux et nous mettons directement dans l’ambiance malgré la fatigue due au voyage.
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Bien que quelques problèmes d’organisation subsistent en coulisse, nous sommes directement plongés dans la vibe sonore. Plusieurs DJ venus des 4 coins du monde se succèdent pour le bonheur d’un public très bon enfant très rapidement imprégné par le son. Entre temps des amis véhiculés venant de Casablanca nous ont rejoints à l’hôtel. Après quelques heures passées autour et dans la piscine, il est temps de partir vers Mhamid el Ghizlane afin de nous installer dans nos campements et profiter de la partie nocturne du festival. Mais rallier le site du Festival est une nouvelle aventure se présentant à nous.
En effet, pour se rendre dans la zone militaire qui accueille la manifestation, il faut d’abord réaliser un petit parcours digne du Paris-Dakar. A la sortie du village d’Ouled Driss, il faut d’abord passer une barrière surveillée par les forces armées avant de traverser durant quelques minutes la fin de la Palmeraie…ensuite, c’est le Sahara ! Nous suivons minutieusement les voitures « ouvreuses » sur un chemin, déjà bien ensablé, jonché de pierres (pour ne pas faire de sortie de route qui pourrait être « fatale »). Logiquement, une voiture s’enlise dans le sable, mais il ne faudra fort heureusement que quelques minutes pour l’en extirper, le tout dans la bonne humeur. Près de 3 bons kilomètres plus loin, nous y sommes enfin !
Un bivouac rempli d’une grosse cinquantaine de tentes de nomades se dresse alors devant nous.

Nous pouvons enfin investir nos quartiers pour les trois prochaines soirées, nous débarrasser de nos sacs, nous restaurer et nous abreuver, pendant que le gros son se fait déjà entendre depuis la scène principale distante d’à peine 400 mètres du campement. Petit break dans notre tente de nomade, petit rafraichissement grâce aux douches situées à 100 mètres à peine du bivouac (à côté des toilettes), petit apéro histoire de se requinquer et nous voilà partis dans l’ambiance alors que la nuit est tombée. Avant d’arriver sur les deux scènes, il y a sur la gauche quelques tentes où se vendent quelques produits (t-shirts, foulards etc…) et sur la droite une tente ou l’on peut trouver de quoi boire et manger. On notera au passage que toutes les transactions effectuées dans ce Festival se font par le biais de tickets préalablement achetés auprès de l’organisation.
A peine débarqués sur la scène principale et nous sommes tout de suite dans le mouvement grâce à la puissance du très bon son (30 kilos), le set très énergique de DJ Driss et le jeu de lumière psychédélique orchestré par l’excellent Lazerbeamfactory.com. Beaucoup de Djettes se succèderont au son et tant mieux ! C’est toujours très spécial et très agréables quand les filles nous font danser. Bref, le festival est lancé sur de bons rails !

De notre côté, encore éreintés par notre road trip, nous aurons terminé cette première soirée aux alentours de 5 heures. Le lendemain, ou plutôt dans la matinée, nous sommes logiquement réveillés par la chaleur intense du désert vers 10 heures. Le son tourne toujours et il y a encore (et/ou déjà) des gens qui dansent sur la scène principale. Comme chaque jour de ce festival, le son sera interrompu aux alentours de 13 heures car la chaleur est énorme et que le matos a lui aussi besoin de se reposer. Après avoir pris nos douches, nous partons directement vers le village de Mhamid el Ghizlane, situé à près de 7 kilomètres du bivouac et environ 3 kilomètres de l’hôtel Le Pacha, pour aller faire notre gros repas de la journée dans un snack où nous trouvons salade, tagine, brochettes et autres petits plats pour quelques dirhams. Le repas terminé, c’est l’heure d’aller dans une épicerie du village où nous procédons au ravitaillement (eau, boisson fraîches, pain etc…) que nous remplissons dans notre glacière. La suite sera un recommencement que l’on aimerait éternel…
Direction l’hôtel avec plusieurs sets au programme, le rafraîchissement dans la piscine, l’apéro tout au long de l’après-midi, le tout dans une ambiance vraiment peace… On y aura notamment apprécié les prestations du Japonais Nosomi ainsi que celle de nos amis brésiliens Andre et Bruno qui nous offert un son très original et psychédélique accompagné de plusieurs instruments (flutes, percussion, guitares électriques, synthé). Un gros Bigup à XploYaz (96khz productions) qui a été un des seuls à proposer un set break en mélangeant pas mal de styles avec des morceaux rock du reggae etc… Yaz a surpris tout son monde et a enflammé les abords de la piscine pour notre plus grand bonheur. La suite de notre périple sera identique jusqu’à la fin.
Niveau petite fausse note dans le désert, on signalera l’éloignement et le manque cruel de son de la seconde scène à la musique plus peace, ayant par conséquent peu attiré les festivaliers. Pour le reste, on notera que cette première édition du Zagoa Festival fut une belle réussite. Le son était de très bonne facture durant ces 4 jours et surtout l’ambiance était vraiment excellente. Bref, si ce festival venait à être reprogrammé en 2013, nous vous invitons vivement à vous y rendre.

Dépaysement garanti !