Midi Festival
Arto Lindsay
Discret et intimiste, le Midi Festival en est déjà à sa cinquième édition grâce à une poignée de bénévoles et d’amateurs éclairés, réunis autour de leur directeur Frédéric Landini. Déplacé d’Aout à fin Juillet (24, 25 et 26), ce week end festivalier continue à creuse le sillon rock et electro, avec un net penchant pour le Lo Fi, le bricolé maison à valeur ajoutée émotionnelle….
On connait bien Hyères les Palmiers, belle varoise pas en rade de lieux superbes et de festivals pointus. En mai, on aime venir y assister aux défilés du Festival International de Mode et de Photographie qui, de son coté, savoure toujours un franc succès 25 ans après sa création, sous ses chapiteaux pailletés et dans un casino « baronisé » chaque année. Début juillet, c’est au tour de Design Parade et ses expos qu’on peut admirer ensuite tout l’été à la villa de Noailles. Enfin au début des années 2000, Hyères fut le théatre d’un défunt festival nommé Aquaplanning, défricheur et avant gardiste, qui lui ne survécut pas à quatre sessions hédonistes et jouissives, ayant révélé ou confirmé au public français, les régionaux de l’étape M 83, Michel Houellebecq en chanteur de paillote ou encore un Erlend Oye intimidé assis dans la pelouse, les Trans Am en liesse ravesque à la plage ou les Rapture (liste de loin non exhaustive…).
Midi festival, quant à lui, suit son petit bonhomme de chemin sereinement : Il investit tous les ans comme ses ainés le cadre idyllique de la panoramique villa de Noailles juchée sur sa colline boisée, et a repris enfin cette année le chemin de la plage du Bikini pour des Dj sets gratuits les pieds dans l’eau et des micro-concerts foutraques.
L’affiche est encore une fois bien jolie, mélant découvertes locales, comme le groupe du directeur, Get Back Guinozzi!, vieilles gloires comme Arto Lindsay, jeunesses fougueuses comme Mahjongg, Telepathe ou les Skeletons, sans oublier les curiosités telles Dent May and His Magnificent Ukulele.
Le cadre est adéquat, léché, à proximité du toit de la villa, sur une petite esplanade dont le fond vert et rose épuré met en valeur les artistes. Le mistral farceur aime cependant balayer le tout d’un peu de poussière, pour faire trembler les amateurs de vinyles dont le stand est installé au fond et emporter les chapeaux. Le public se mélange : rédactrices musicales pointues de magazines parisiens, jeunes et joli(e)s hyérois(e) amateurs de musique venus en famille, Nouvelle Star en devenir, bloggeurs éméchés à la recherche d’afters, vidéastes de la Blogothèque, stagiaires curieux… se promènent sur les stands (peu nombreux), se pressent à la buvette pour un verre de Rosé ou savourent un moment de relaxation dans un transat sous les pins.
Coup de coeur pour Jeffrey Lewis and The Junkyard qui nous enchante toujours avec ses petites saynètes de BD et ses textes plein d’humour. Deuxième coup de coeur pour l’ambiance plage pas bling bling pour un sou du samedi, en mode bikinis dépareillés, tongs et yukulélés, copains de serviette et DJ sets pas prétentieux, pique nique sur le sable et boissons à la main dans la grande bleue….frais!