Tohu Bohu – du 16 au 19 Juillet 2012
12 ans, il paraît que c’est l’âge bête…En tout cas pas pour le festival Tohu Bohu, qui fêtait donc cette année ses 12 ans d’existence avec une programmation 100% française. Un pari risqué (pas de grosses têtes d’affiche internationales) mais réussi, à vrai dire on y a rarement vu autant de monde.
Notamment le Lundi, avec la « star » du moment Brodinski, qui a drainé un public plutôt jeune mais motivé et réceptif. Il a attaqué dès 19h par un set techno pied au plancher, très « kick in ya face ». Pas forcément très subtil mais diablement efficace : une demi heure plus tard c’était l’hystérie sur le dance floor, il n’a pas déçu son public. L’hystérie a baissé d’un (tout petit) cran pour le live d‘Oxia. N’étant pas très fans de son dernier album, nous ne savions pas trop à quoi nous attendre et ce fût une très belle surprise:subtil, dansant, un live vraiment très réussi, avec un final sur « Domino » (qu’il a du coup joué une deuxième fois en rappel) qui a uni jeunes clubbers et vieux ravers nostalgiques sur le béton de la place Dionysos, façon « hands up in the air ». Un très beau moment.
Le mardi fut un peu décevant avec Marble record et ses représentants : Sans grande surprise, ils ont joué le son « Marble » and friends (sound pellegrino, french fries, etc..) mais le tout était un peu décousu. Bobmo, d’abord, a commencé par un mix assez souple. Para one n’avait pas l’air très motivé. Surkin a été, quand même, plus convainquant avec un set bien dansant, finissant par le magnifique « gare du Nord » de Carte blanche. D’ailleurs, Brodinski ayant lui-même clôturé son set, la veille avec « pocket piano » de dj Mehdi.
http://www.youtube.com/watch?v=JnBA4ONNGxk
Autres sons et autre public à partir du Mercredi : plus electro, moins techno, et pour le coup un public un peu plus âgé. Dyed Soundorom a livré un set subtil et tout en progression qui a ouvert une voie royale à Rodriguez Jr (moitié de feu les Youngsters), l’enfant prodige du pays. Celui-ci, visiblement heureux et ému de revenir jouer « à la maison », à offert un live de haut vol, oscillant entre electro minimale mais dansante et sonorités house old school . Du pur groove, et une alchimie avec son public qu’on aimerait voir plus souvent dans des lives. Emotionnellement parlant, probablement le plus beau moment de cette édition 2012.
http://www.youtube.com/watch?v=UQBKRbvlUCs&feature=relmfu
Difficile à priori pour Clement Meyer et Rone de clôturer le festival le lendemain après une telle soirée. Et pourtant ils ont relevé le défi haut la main. Set parfait pour le premier. Rone, après sa prestation ébouriffante l’an dernier au Bal Electro, nous l’attendions avec impatience, mais aussi avec cette petite peur d’être déçus. Une peur qui nous a quittés dès le premier morceau. Toujours aussi planant, avec ses nappes et ses boucles qui font parfois penser ( et inutile de préciser qu’il s’agit d’un compliment!) aux vieux morceaux d’Underworld. Un final qui a laissé un énorme sourire sur les visages des nombreux danseurs. Entendre les lyrics étranges de « Bora » entre les murs de la piscine et de la bibliothèque, ça a quelque chose de magique !
http://www.youtube.com/watch?v=DCNJQVT7dJQ&feature=relmfu
Très belle édition, donc. Soyons même un brin chauvin pour une fois : Tohu Bohu 2012 a démontré on peut faire un festival de qualité sans artistes anglais ou US. CQFD
D’ailleurs, le premier long format de Rone, qui devrait sortir à la rentrée, s’appellera « Tohu Bohu ». Un hasard ? »