Festival Primavera Sound – Barcelona

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10 ans déjà que le festival Primavera Sound nous propose un ramonage de printemps des cornets auditifs, tout ce qu’il y a de plus frais. Un changement de lieu et un changement de sponsor …et nous voilà passés du kitch et intimiste Poble Espanyol  ou on regardait le soleil se lever sur les collines, au design, près de la mer et plutot étendu Parc Del Forum.

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L’un dans l’autre, il reste toujours une petite clairière dans laquelle croiser Cat Power ivre morte,  » à l’époque « , ou les beatnicks chevelus de Ganglians  en train de s’accorder pendant une demi heure. Cette année, c’est donc aussi l’heure du changement de sponsor principal, on passe d’une belle blonde à une autre.  On commence aussi à se dire qu’il y a désormais vraiment beaucoup de monde. Trop?

Jeudi  soir, ben… on n’y etait pas et toi?

Vendredi, arrivée tardive pour cause de rafraichissement impératif, on manque le nouveau groupe de José Gonzales, Junip, ainsi que celui de Geoff Barrow de Portishead, Beak>… Bon de toute manière, ils jouaient à la même heure, difficile de commencer directement en faisant des choix par défaut… Heureusement nous sommes en place sur la scène Pitchfork pour Here We Go Magic, jeune groupe  de Brooklyn, qui nous offre un bon concert de pop moderne, mélodies gracieuses, synthés qui sonnent, voix androgynes parfois proche du dérapage, le tout emporté parfois par un groove afrobeat sur lequel Vampire Week end doit lorgner…. Cà donne envie de les revoir dans un cadre un peu plus intimiste. Hop, un détour par la salle 3D ambiancée western par une marque de Whisky boisée,  en passant devant le mini bus avec des hôtesses à dread locks oranges d’une marque de liqueur allemande et on réussit à zigzaguer jusque la scène Vice, reléguée au bord de la mer, un peu difficile d’accès par une voie unique  (en témoignent les mares de liquide louche…). C’est punk, c’est Vice. Ce soir là, on ne verra pas les excellents Thee Oh Sees mais on se rattrapera le lendemain après midi au parc Miro (bonne idée les passages multiples dans différents endroits cette année, notamment enfin en ville en journée), malheureusement Noah Lennox, aka Panda Bear d’Animal Collective, n’est pas au top de sa forme, autant il sonne joliment dans le I-phone lorsque le tramway t’emmène au boulot, autant ce soir sur scène, on a l’impression qu’il s’est perdu là. Comme on est pas vraiment d’humeur à fumer des herbes à grillades avec lui, nous voilà reparti reprendre du poil de la bête avec Shellac sur la scène ATP. Manifestement on est pas les seuls à avoir eu cette idée. On escalade donc la colline la plus proche pour essayer d’apercevoir Steve Albini faire la gueule ou Todd Trainer frapper sa batterie comme un sourd. Et on se prend la déflagration du son en pleine face. Ouaah çà fait du bien, c’est puissant, scotchant, les gens dansent, en transe, bref  çà met diablement en forme avant de partir à l’assaut de la scène principale ou la foule compacte reprend les tubes des Pixies avec une bande de  grands gros gras américains, ouh là là… Miss Deal est  bien partie pour rattraper Franck Black niveau tour de taille… Bon ne boudons pas notre plaisir, on aime toujours autant hurler Caribououououou avec eux. Un dernier hotdog en agitant les fesses avec Major Lazer, qui nous refont leur clip chorégraphié porn de Pon de Flor en live, et on se dit qu’à un moment il faut savoir s’arrêter. Ce sera donc là.

Samedi

Au parc Miro près de la gare de Sants, 2 petite scènes joliment posées entre les palmiers nous attendent, les Thee Oh Sees et meurs tatouages fascinent…..Quand à A Sunny Day in Glascow, c’est un bon rafraichissement de choeurs féminins et de guitares énergiques. Enfin avec les Ganglians, on se roule dans l’herbe sur les riffs hypnotiques, prêts à embarquer pour un road trip californien.
Arrivée à temps ensuite au Parc Del Forum pour The Slits, oui, Barcelone se calque sur l’heure espagnole, de ce fait il est difficile d’arriver tôt à un festival pourtant d’une si dense programmation. Revenons à nos Slits, groupe féminin punk-rock de la fin des années 70, qui envoie un dub groovy, c’est plus pour le mouvement qu’elles représentent qu’on est content de les voir sur scène… Nous allons jeté un oeil en 3D à l’expérience de la fameuse marque de whisky, qui est un parcours marketé magnifiquement bien ficelé… Au bout de 3 passages, on aura le tee shirt!
Puis direction Florence and The Machine, Florence c’est une jolie rousse, vêtue d’une magnifique robe longue blanche transparente telle une nymphe. Elle habille la scène de son être et de sa voix, Florence c’est vraiment, bien… Florence, elle transporte, les gens, des fans agenouillés scandant ses paroles, perdant leurs lunettes, Florence ça pourrait être Celine Dion – ne nous méprenons pas seulement du point de vue de la puissance de ses vocalises – mais non, Florence c’est la classe, c’est beau, c’est parfait pour un coucher de soleil barcelonais.
Ensuite c’est au tour de Grizzly Bear, sur la grande scène où jouaient Squarepusher, et Aphex Twin l’an dernier, c’est dans une ambiance folk-rock expérimentale, que cette signature Warp nous enivre, la foule est conquise… Changement d’ambiance, une rapide course pour essayer de voir un peu de Polvo, mais en vain, ce soir c’est plein, la sécurité impose des sens de circulation au public ce qui rend une mécanique des fluxs en forme de denses troupeaux de gens, et qui ralentit la circulation d’une scène à l’autre… Primavera, c’est un grand terrain de jeux, de sport et de stratégie pour arriver à tout voir… Polvo loupé, on s’installe tranquillement pour Built to Spill,  qui a fait un passage montpelliérain en 2007, où nous étions une trentaine dans la salle, autant vous dire que là, on est beaucoup mais alors beaucoup plus, on ne sait même plus par où sortir de là pour se rendre à la scène où jouent les No Age. Ce duo de Los Angeles, délivre une énergie brute, sans concession, ici c’est le batteur qui chante, une belle performance, la foule headbang à tue-tête, on en sort liquéfié mais heureux… On se solidifie le temps d’accéder au dancefloor de Liquid Liquid, groupe post-punk mythique du début des années 80, et là c’est le groove, c’est la folie sur le dancefloor, c’est la folie sur scène. Les Savy Fav, cachés sur le côté de la scène, ne résistent pas à l’appel de la danse et les rejoignent pour danser, c’est la transe, pour moi une des meilleurs moments de cette édition. Changement d’ambiance, on va voir la performance de Lee « Scratch » Perry, l’homme plus tout jeune, est en forme, accompagné de bons musiciens, il tient la route et nous tient en haleine, on se dit qu’on irait bien voir The Field, mais il se fait tard, nous rendons les armes…

Encore une édition belle et dense pour ce Primavera, un marathon de concert, des choix cornéliens, vraiment beaucoup de monde, on attend la programmation de l’année prochaine avec impatience!