Jack de Marseille

Jack de Marseille

 Dj depuis dix-neuf ans et producteur sur le label Wicked Music qu’il a fondé en 2001, Jack de Marseille s’est réinstallé dans son fief marseillais.

Ce 2ème album “Innervisions” est nourri d’une expérience plurielle, acquise au fil de collaborations prestigieuses avec des artistes tels que Audio Bullys, P.Diddy, Slow Train, Trisomie 21, The Advent, Anthony  Rother, de la production de nombreuses compilations mixées reflétant la diversité de ses orientations musicales depuis la house de Chicago et Detroit, et jusqu’aux sons dub berlinois.

Tu t’es réinstallé à Marseille depuis 2006, tu avais un peu le mal du pays ?
Oui revenir aux sources fait du bien, retrouver une relation affective avec le public de ma ville où l’on me voyait rarement, m’a nourri et permis de me retrouver avec moi même.

Tu as deux visages : dj et producteur. Quelle est ta face préférée et pourquoi ?
Celle de DJ car c’est là que je partage le plus d’émotions, où je peux faire voyager et raconter une histoire à travers le mixe. J’ai besoin d’ailleurs de faire des longs sets pour pouvoir bien m’exprimer. Avec ce nouvel album qui me ressemble vraiment (fait avec la complici-té de Sébastien Rexovice ) il y a une envie de partager cette création sur scène de plus en plus, on va d’ailleurs se lancer sur quelques lives cette année.

Tu as une belle carrière à travers le monde dans le mouvement des raves et des clubs. Quel est le secret de cette réussite ? Prends-tu à chaque fois toujours autant de plaisirs ? Quel est à tes yeux ton meilleur souvenir de scène ? Et le pire ?
En faisant partie des pionniers français, je me suis trouvé au bon moment, au bon endroit. Je suis un DJ éclectique, pouvant jouer aussi bien House,Techno, Break beat, Electro, Drum ‘n’ bass, Dubstep, Dub….que je touche un public plus large. J’aime profondément la musique et le Deejaying reste une vraie passion.. Ayant passé un cap dans la production, on prend de plus en plus de plaisir, grâce à une plus grande maturité.
L’un de mes meilleurs souvenirs restera le club Temple à Nîmes, et pour un festival Dance Valley à Amsterdam. Le pire je ne m’en souviens plus ! :o)

Que penses-tu de la nouvelle scène électronique française ?
J’aime bien Najem Swrob en producteur. Question piste de danse, le public français manque de culture musicale, assez enfermé dans la minimale ou l’élektro ou alors très commercial comme David Guetta, Laurent Wolf… Et les gars il n’y a pas que ça, ouvrez un peu votre esprit !! Cela changera si les DJs s’investissent plus, c’est un vrai métier, avec les CDs ou surtout Serato, l’informatique prend le dessus sur le savoir faire.

Ton album « Inner Visions » est conçu comme un voyage intérieur mélodique …

Peux-tu nous en dire un peu plus ?

C’est une introspection des 6 dernières années, passées à voyager, à rencontrer des cultures différentes et variées, acquérir une ouverture d’esprit, apprendre à se connaître mieux soi même. Prendre le temps de vivre, d’écouter, trouver une sorte de paix intérieur, qui amène à plus d’assurance dans la production. Ce sont des moments de vie. Mettre plus d’âme et d’émotions, mettre les machines à disposition de l’être humain. Je me suis imprégné d’influences venant de Chicago, Détroit, Berlin.

La pochette de ton album a été faite par un peintre russe, d’où est née votre collaboration ?
C’est un jolie rencontre faite à Moscou. Vika Prokopaviciute est une jeune artiste des Beaux Arts, innervision2partageant la vie d’un ami DJ, avait très aimé mon univers musical, dans mon DJ set lors d’une soirée au Club Gorod et lors d’un repas chez eux, j’ai découvert ses toiles, j’ai littéralement craqué sur son travail, je lui est laissé une copie CD de l’album en préparation et elle a créé en l’écoutant, ce tableau. Il y a aussi un texte dans le coffret CD écrit par Aline Soler, qui est une journaliste culturelle, écoutant du jazz, qui présente d’une façon très poétique, ce qu’elle a ressenti en l’écoutant. C’est un vrai projet album, tourné vers d’autres arts.

Tu as tenu une boutique de disques pendant 8 ans ce qui a contribué au succès de Wax Records. Es-tu toujours aussi passionné ? Quels sont tes disques du moment ?
Je suis toujours très passionné. Je joue 99% vinyles et j’aime passer du temps dans les bons magasins de disques comme Hardwax à Berlin, Cyber à Paris, Rub a Dub à Glasgow, Eastern Bloc à Manchester, Rush Hour à Amsterdam, Clone à Rotterdam ou Optimal à Munich, où l’on trouve des perles, très ouvert au niveau du choix. C’est très convivial, il y a des échanges d’informations, d’idées, sens du partage, où l’on fait de belles et riches rencontres. J’aime beaucoup le dernier album « One » de Ben Clock , artiste de Berlin, sur le label du club Berghain, Ostgut Togen, son rmx pour Kerri Chandler « Pong » sur le label de DJ deep, Deeply Rooted House.

Marseille 2013, penses-tu que ça pourrait ouvrir des portes aux artistes de musique électronique à Marseille ?
Si les artistes déposent ou crées des bons projets, je pense que oui, malgré le peu de lieux  tournés vers la musique électronique. Il faudra que les subventions soient bien redistribuées et non pas contrôlées toujours par les mêmes personnes. Il faudra se bouger et s’investir. Lille en est le meilleur exemple avec le Name festival.