Les Nuits Sonores – Lyon – 13 au 16 mai 2010

Après deux ans sans avoir pu me rendre aux Nuits sonores, je suis ravie de retrouver Lyon, pour un week end marathon ! Le bilan de cette édition des Nuits sonores restera pour moi sur un goût d’inachevé. La raison première fut le temps, gris et froid, qui ne nous a pas vraiment permis de savourer tous les moments offerts.
La journée du jeudi était consacrée au label « kill the dj » pour la All day long : Arrivés à la piscine du Rhône vers 16 heures, l’ambiance commençait à décoller avec une Jennifer Cardini, fidèle à elle même : casquette Kangol sur la tête, jean et tee shirt noir, pour un set pointu dont elle a le secret. Ivan Smagghe, lui, avait opté pour le style « lord anglais » avec une veste trois quart, chemise à carreaux et petit foulard, sa chloé toujours à proximité. Son set, tout en retenue, aurait mérité 2 heures de plus pour qu’il puisse nous réchauffer. Optimo, que le public attendait avec curiosité, est un duo venu de Glasgow. Le « Fabric 52 » n’étant vraiment pas le meilleur de la série, nous espérions une prestation du niveau des artistes du label : ce ne fut malheureusement pas le cas ! Un set décousu où l’on souffre pour eux … presta quasi catastrophique, malgré les vieux tubes techno house des années 90 qui truffaient leur mix … et un finish digne de la Churascaia en 88 …
Le soir, le choix pour une soirée était difficile, mais quand il fut annoncé que Denis Ferrer était remplacé par Carl Craig, la décision fut vite prise (en espérant revivre le moment inoubliable de la clôture du sonar ou du set au worldwide festival). Malheureusement, c’était sans compter sur l’affluence record devant le club et après une heure quarante cinq de queue, nous dûmes déclarer forfait. Plus loin dans Lyon, la soirée parisienne Furie a même dû faire appel au CRS et aux lacrymos pour disperser le millier de personnes venu voir Birdy Nam Nam et Elisa do brasil ! Vendredi après midi, direction la Marquise pour retrouver nos amis des plages électroniques : La piscine en plastique, les palmiers et la musique auraient pu faire croire que l’on était en Martinique mais le froid glacial nous ramenait vite à la dure réalité !
Pas très loin, Elektrosystem avait installé une grande scène en plein air. Malheureusement, Acid Soda et ensuite Mathias Aguayo ne nous a guère convaincu. Le soir, après une pause resto à la « brasserie Georges » afin de faire le plein d’énergie, nous nous rendons au Marché gare. Je ne connaissais pas encore ce lieu, immense et pratique d’accès, toutes les scènes étant disposées d’un coté et d’un autre de la zone de circulation (le seul reproche que je pourrai faire, c’est l’absence de bus spécialement affrétés pour le festival). Il manque un peu de déco mais qu’importe, les lights et les écrans sur les scènes suffisent amplement. Unkle démarre avec un son tellement fort, qu’il nous est impossible de rester devant et de reconnaitre un morceau ! Yuksek, sur la scène de l’entrée, fait son live devant une salle blindée ! Ne parlons pas de Laurent Garnier : la scène est littéralement prise d’assaut du début jusqu’à la fin. De 23h30 à 3 heures, un réelle fusion se créée entre le public et le Maestro avec un mélange de live, de dj set et d’impro, le tout dans une tonalité très techno, (aidé par Scan X et Benjamin Rippert), terminant son show en s’écriant « Public lyonnais, vous êtes vraiment incroyables ! ». Matthew Herbert a clôturé cette soirée, avec un set résolument techno, contre toute attente ! Samedi après midi, la Body & Soul avec le team au complet (François K, Danny Krivit, Joe Claussell) promettait un moment inoubliable ! Ce fut bon mais pas plus : Les 3 compères se relayaient aux platines, bravant le froid pour réchauffer le corps et l’esprit du public, mais l’ensemble était un peu décousu, sans véritable histoire ! Dommage.
Le soir, après le désormais traditionnel détour à la brasserie Georges, nous sommes restés toute la soirée sur la même scène. Après la presta inintéressante d’Uffie, Hudson Mohawke fut la révélation de la soirée : signé sur Warp records, Hudson délivre une facture sonore toute personnelle, se permettant de jouer de tout (dubstep, hip-hop, drum’n’bass, électro), dans un style impeccable ! 2manydjs s’emparent des platines pour ne nous laisser aucun répit, enchainant tous les hits Techno, Fidget & co à 150 bpm. Tout le monde y passe : Crookers, Diplo, Buraka, Laiback luke … et toujours le « vicious game » de Carreta et un remix du poney EP de Vitalic ( soulwax rmx ? ), sans oublier le clin d’oeil musical français sur la fin avec 30 secondes de Patrick Coutin « J’aime regarder les filles » ; bref, l’hystérie collective nous a permis de dépasser les 30°. Claude Vonstroke arrive derrière avec sa techno subtile à 125 bpm et hypnotise le dancefloor d’un mix où tous ses hits s’enchainent à merveille. Il fut parfait pour finir en beauté ce festival, riche en sensations fortes ! L’an dernier, Lyon avait confirmé son nouveau statut de capitale française de la musique électronique.
Cette année, les Nuits Sonores marquent une des pages les plus brillantes de ce Festival avec l’adhésion massive du public : Le cru 2010 a rassemblé un peu plus de 81 000 spectateurs dont 39 100 sur les sites payants (Marché Gare, Piscine du Rhône et Théâtre des Célestins) et près de 42 000 spectateurs sur les sites gratuits.
L’année prochaine, avec une édition prévue du 1er au 5 juin, parions que ce soit l’apothéose avec le beau temps !