Portishead – Arènes de Nimes (Gard) -19 Juillet 2011

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Attention: évènement ! En effet, cela faisait une douzaine d’années (depuis un concert à Marseille pour la tournée du deuxiéme album) que le groupe emblématique du trip hop, version dark et électrique, n’avait pas posé ses enceintes dans le sud de la France. Inutile de dire que c’était une des dates les plus attendues de cet été, et que le jour venu, les arênes étaient sold out, depuis un bon moment !

Mogwai assurait la premiére partie. Toujours difficile de faire l’ouverture d’un groupe culte, surtout avant la tombée de la nuit. Pour ma part, leurs longues nappes instrumentales saturées ne m’ont pas emballé plus que ça. N’étant pas particulierement fan de leurs productions non plus, je n’étais pas vraiment à même de juger, je me contenterai donc de citer des amis beaucoup plus fans qui, eux, ont trouvé leur prestation (je cite) « bien mais pas exceptionnelle ».

Beth Gibbons est ensuite apparue devant un public conquis, slim gris, pull noir sans forme, penchée en avant comme à son habitude. Comme à son habitude toujours, presque immobile, accrochée à son pied de micro comme un oiseau à sa branche, elle a sû, du début à la fin, tenir les arènes avec sa voix cassée mais au final bien plus puissante et rock – et rauque 😉 – sur scéne que sur disque. Exit le syndrome Jane Birkin que craignaient ceux qui ne l’avaient jamais vue en live, grande dame, grande voix, et le tout dans l’émotion et la retenue, sans en faire des caisses.

Une grande partie des titres des  trois albums de Portishead y sont passés, dans des versions électriques et plus sombres (« Glory Box ») ou au contraire  ralenties, épurées et comme suspendues hors du temps (« Roads » et surtout une version quasi acoustique de « Wandering Star » juste époustoufflante). Aprés chaque morceau, ovations systématiques et méritées, le cadre des arènes apportant une dimension supplémentaire à la beauté du live.

Que dire de plus? Une prestation hors du temps et de toute beauté, le genre d’évènement auquel il faut juste avoir assisté,  et qu’on peut difficilement décrire. Un concert parfait. Reste juste à espérer pour ceux qui n’ont pas pu y assister que cette fois, ils n’attendront pas 12 ans pour repasser dans le coin. Pour les autres aussi, d’ailleurs !