Weather Festival – Changement de lieu pour la soirée du Dimanche

Weather Festival – Changement de lieu pour la soirée du Dimanche

Weather Festival : à la dernière minute, la mairie d’Asnières n’autorise pas la fête de dimanche à la SIRA, déplacée à Electric (Paris, Porte de Versailles).

Le Weather Festival est l’un des plus importants événements électro jamais organisés en Ile-de-France.
L’un des rendez-vous majeurs du festival devait se dérouler à Asnières dans une ancienne imprimerie industrielle reconvertie en lieu de création culturelle. Celui-ci vient d’être par la Mairie d’Asnières, 3 jours avant le début du festival.

L’agence Surprize qui produit l’événement a miraculeusement trouvé un site alternatif en 24h : Electric au sein du Parc des Expositions de la Porte de Versailles. 

Tant mieux pour la musique, pour la vingtaine d’artistes qui s’y produiront et pour les milliers de festivaliers attendus. Tant pis pour Asnières et pour ces élus qui continuent d’avoir peur de la musique électronique. Tant pis pour la SIRA, extraordinaire exemple de réappropriation du patrimoine industriel, tant pis pour cette opportunité de faire un événement dans un quartier dépourvu de toute habitation…

Oui, nous soutenons la nécessité de passer le périphérique pour développer la fête et la musique à l’échelle du Grand Paris, mais nous ne nous battrons ni contre des moulins, ni contre des élus hypocrites. Il y a suffisamment de gens qui nous soutiennent vraiment et profitons en pour les remercier : les Mairies de Paris et Montreuil, le Conseil Régional, la Préfecture de Police de Paris, M. Patrick Bloche, député de Paris, et M. Razzy Hammadi, député de Seine-Saint-Denis, qui nous ont très largement aidé dans nos démarches ainsi que la société VIParis qui a accepté si promptement de nous accueillir à Electric.

Quel a été notre seul tort dans cette affaire ? Celui de déposer nos demandes tardivement parce que nous voulions faire écrire noir sur blanc par un cabinet d’études que le lieu était sécure. Celui-ci a établi point par point qu’en termes de sécurité du public, de risques d’incendies et d’évacuation, la SIRA convenait à un tel événement. Une fois cette étude produite avec un certain nombre de recommandations pour des aménagements temporaires (signalisation lumineuse des évacuations, alarme incendie, systèmes automatiques de coupure du son, etc.), nous avons déposé un dossier précis et détaillé le 8 avril soit près de 6 semaines avant l’événement. Après de très étranges atermoiements et de longs silences de la part de la Mairie d’Asnières, nous avons finalement appris qu’ils refuseraient la manifestation au motif officiel que le bâtiment n’était pas classé « ERP » (Etablissement Recevant du Public). Bien sûr, si la volonté de la Mairie avait été claire, cette difficulté aurait pu être dépassée en envoyant une commission de sécurité contrôler le lieu afin de lui attribuer cette classification de manière provisoire. Quelle était la crainte évoquée par la Mairie et qui demandait soit disant plus de temps ? La solidité des « planchers ».

La SIRA est une ancienne imprimerie industrielle. En fait de « planchers » elle est construite intégralement (murs, « planchers », plafonds) en béton armé brut. Elle a été conçue pour accueillir des presses industrielles et des rotatives pesant plusieurs dizaines de tonnes et dans laquelle évoluaient tous les jours des transpalettes chariant des centaines de tonnes de papier. Qui peut sérieusement nous faire croire qu’elle ne pouvait accueillir 1 200 danseurs à raison d’un danseur par mètre carré ?

Non les vraies craintes sont sorties au fur et à mesure des discussions. La première c’est qu’un événément produit sur le même lieu 3 ans plus tôt par d’autres organisateurs avaient posé des problèmes d’ordre public avec notamment des bousculades à l’entrée. Qu’importe que ces organisateurs n’aient aucun rapport avec ceux qui portent le Weather Festival, qu’importe qu’ils n’aient pas mis la moitié du quart des moyens que nous mettons en œuvre pour sécuriser le lieu et faciliter l’accueil. En matière d’événements techno, on n’a pas dépassé La Fontaine : « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère ! »

Et la seconde, évidemment, c’est que personne ne voulait assumer la responsabilté d’une « rave » (le mot est sorti plusieurs fois) avec l’aval de la municipalité à moins d’un an des élections locales. Evidemment, ça aurait été plus simple pour tout le monde que l’on organise une free party comme sont censés le faire les amateurs de musique électronique dans l’imaginaire de certaines édiles. Et c’est tout le sens de cette magnifique question posée par un membre du cabinet du Maire lors d’une rencontre avec eux : « Mais pourquoi vous nous avez demandé l’autorisation ? »

Pour être tout à fait clair, nous avons même senti au cours d’une d’une dernière réunion au sommet que la préfecture des Hauts-de-Seine était prête à bousculer tous ses process pour établir une classification ERP en urgence si le bâtiment le permettait, ce qui était donc plus que vraisemblable. Mais la volonté de la Mairie n’était manifestement pas de trouver une solution avec nous. En dépit de ce que cela risquait de mettre en péril un festival et de nombreux emplois. Et sans même parler de la bouffée d’air, de fête et de modernité joyeuse saluée par plusieurs médias nationaux (Le Monde, Télérama, Canal +, Nova, France Inter, etc.).

Nous venons d’apprendre que ce week-end était lancée la Braderie des Commerçants d’Asnières, un événement majeur de l’animation de la ville, et nous souhaitons donc de joyeuses festivités à toute l’équipe municipale. Si toutefois des habitants d’Asnières préféraient danser, ils seront les bienvenus à Electric.

Agence Surprize, organisatrice du Weather Festival