Christian Burkhardt (Cocoon rec, All)
A cette occasion, BONHEUR l’a interviewé : Burkhardt nous parle de son obsession pour les machines, de l’explosion worldwide des musiques électroniques et de son LIVE.
Tu ne fais pas souvent d’interview – C’est parce que tu es timide ou tu préfères garder ta créativité rien que pour toi ?
… (Rires) … C’est vrai que je ne donne pas beaucoup d’interviews. Je pense que la musique doit parler d’elle même. Mais aujourd’hui, le public aspire à mieux connaître les artistes et à en savoir toujours plus sur eux. J’en ferai donc plus dans le futur. Je ne suis pas timide mais sûrement un peu paresseux quand il s’agit de parler de moi.
Est ce que ça a été difficile d’être reconnu pour ton travail ? Comment as tu percé ?
Je n’ai jamais fait de la musique pour devenir célèbre. Cela a toujours été une passion et de l’amusement . En 2006, je faisais pas mal de sons avec Federico Molinari. Il a fondé « Oslo records » en 2007 et j’ai fait la première sortie du label « Kresikollaps ». C’est avec ce titre que tout a commencé. On était là au bon moment, au bon endroit, avec le bon son. Tout est souvent question d’être là, au bon moment, etc ….
Cela fait un petit moment que tu es dans le milieu de la musique électronique – penses tu que la house et la techno sont devenues populaires ?
Complètement : la club culture devient de plus en plus importante, notamment aux USA, où beaucoup de popstars prennent le train en route et s’entourent de producteurs de musiques électroniques.
Tu en es où avec ton LIVE ? Comment est ce qu’il évolue ?
Un LIVE est un processus créatif de tous les jours. L’apprentissage de la technique est permanent. Je produis beaucoup de musique que j’ajoute dans mon set, chaque week end. Je viens d’acquérir un MPC 1000 avec lequel je peux ajouter n’importe quel ‘tambour’ et retravailler toutes les lignes de basses. Mon ordinateur me sert uniquement à sélectionner du son et faire des effets.
Qu’est ce qui rapproche la prod en studio et le LIVE ?
Et bien c’est la même chose à un détail près : Le public ! Je n’aime pas faire des disques à « la souris ». J’aime bloquer sur mes machines et les tester. J’ai beaucoup plus de substance sonore, beaucoup plus de possibilités en studio.
Quelle est ta machine préférée pour créer des sons ? Et combien en possèdes tu ?
… (Rires) … J’aime toutes mes machines mais j’utilise le « Jomox 808 » et les « Studio Electronque ATC » dans toutes mes prods. Ma musique aboutit après un long travail de recherche de distorsion et de compression. Je suis un « music geek » : Un drogué des machines. Tu peux faire de la musique avec un logiciel, mais ce n’est pas mon truc. Je préfère tout créer. C’est un peu comme courir dans une salle de sport : Courir en pleine nature est bien plus intéressant et excitant.
Tu as sorti en juin ton premier album que tu as baptisé du nom de la ville ou tu vis. Es-tu beaucoup influencé par ton environnement et tout ce qui t’entoure ?
Quand je suis parti vivre à Offenbach en 2001, j’ai loué mon premier studio à l’extérieur de mon appartement et ça a changé beaucoup de choses. J’ai eu l’opportunité de rencontrer de nouvelles personnes, faire de nouvelles collaborations, etc … Tout ça m’a donné des envies différentes et nouvelles. J’ai eu l’idée de donner à mon album le nom d’une ville, et je trouvais qu’Offenbach s’y prêtait bien car cette ville reflète bien l’esprit un peu « dirty » de mes productions.
Quelles sont tes prochaines sorties à venir ?
En ce moment je suis en studio avec Sasha Dive. Nous avons le même goût pour la musique, la même façon de travailler, et un style assez similaire …. On travaille sur des productions destinées au label Raum…Music de Dorian Paic.
L’hiver s’installe en Europe, et l’hiver, c’est le temps parfait pour faire de disques … On verra bien comment tout ça se passe !
Pour terminer, n’as tu pas peur que les masses médias ne s’emparent du phénomène club et que tout se mélange dans un méli mélo chaotique ?
La House et la Techno sont nés dans les clubs et faites pour les clubs. Ces courants musicaux sont nés pendant les 80’s entre vague pop et frénésie disco, et ont donc leur légitimité. Mais je ne vois pas comment celles ci pourraient devenir des standards musicaux pour les radios .
Je pense qu’il y a assez de place pour tous les styles de musiques, sans que les uns mangent les autres. House, techno, pop, disco, hard, soft, danc, etc… Personnellement, je ne me soucie pas de toutes ces cases…. Je fais ce que j’aime !