Montpellier perd un disquaire : Pinguins Records

 

Pinguins Records (1993-2010) plie boutique ! C’est une tragédie.

« Internet nous a tué ». Alors que internet devient incontournable dans nos vies, il peut faire aussi des dégats. Détruire toute une économie.

« La baisse des ventes de vinyles a commencé en 2004 avec l’apparition des mp3, des premiers logiciels «Cerrato» et des premiers dee-jays qui refusaient le vinyle. Il fallait pas se voiler la face, la numérisation de la musique électro était un évènement important et semblait logiquement se developper en alternative du vinyle. Jusqu’en 2007-2008 le format Mp3 devenait trés présent, de plus en plus de dj’s se tournaient vers ce format, le mettaient en avant grace à leurs prestations, la presse et les medias. Une espèce de mode, d’attitude qui consistait à faire croire que le mp3 serait le futur et surtout le format incontournable. Le doute était là car nous étions persuadés de la qualité sonore du vinyle alors que toute une génération basculait aisément dans le mp3 dont nombreux utilisateurs reconnaissaient une qualité moyenne, voir médiocre.

Avec l’amélioration des logiciels et platines cds et le developpement des sites illegaux de téléchargement gratuits de fichiers mp3 (blogs/site russe etc…) nous réalisions que nous allions vers une mort certaine. Les dj’s ont préféré la gratuité à la qualité, c’est un fait. Je ne compte plus les dj’s autour de moi, qui osent demander de l’argent pour leur prestation, alors qu’ils n’ont pas acheté un seul track sur leur disque dur.

 Les mêmes qui ont relancé l’industrie du vinyle dans les années 90 se sont chargés de le tuer dans les années 2000.

Aujourd’hui les fans du vinyle ne sont pas nombreux mais encore actifs. Avec une âme de collectionneur. La facon d’acheter a changé aussi. Le fan de vinyle est plus à la recherche de certaines références bien précises, ce qui va l’inciter à acheter son disque sur le net, sur des sites spécialisés. Du coup les shops sous forme « hysique» comme Pinguins ne correspondent plus à la demande. Et pour payer toutes les charges d’un shop, il faut des ventes en gros volume. Ce qui n’etait plus le cas en 2009-2010. La crise économique n’a pas aidé non plus. Trop de paramètres contre nous. Une certaine frustration aussi car se sentant complètement impuissant face à cette situation qui nous échappe.
Je pense égalemment que le shop a été victime de la baisse culturelle du milieu électro de Montpellier.
Trop peu d’organisateurs de soirées, de 7 clubs en 2000 à 2 clubs en 2010 (Dune et Villa rouge), de 5 disquaires electros à 1, les bars  le désintêret pour cette culture a été croissant. La raison ? peut être une récupération du mouvement underground dans les clubs, l’ orientation plutot vénale des nouveaux organisateurs (pas tous heureusement) , rechignant sur le son et lumiere, n’y voyant qu’un moyen de gagner toujours plus mais en oubliant l’essentiel : rendre les gens heureux. La musique minimale dans les clubs qui a pris trop d’importance (trop intellectuel pas assez festif) la musique hardtek/tribe qui n’a pas su innover apres la vague « hardfloor », la Drum assez répétitive et à bout de souffle.

Chacun doit avoir son avis.
Je ne veux pas rester sur une note «négative» et je voudrais remercier tous mes amis, mes fidèles clients, les autres organisations qui nous ont soutenu pendant ces longues années. Des soirées comme Boréalis sont à jamais gravée dans ma mémoire et ceci, grace à vous tous.
La joie et la fierté d’avoir connu cela n’est pas quantifiable et mesurable.
Je ne quitte pas complètement le milieu pour autant, nous avons en projet avec des amis de lancer une webradio electro sur montpellier. Affaire à suivre…..
Continuez à soutenir le vinyle. Continuez à soutenir la qualité. Bonne continuation à vous mes amis.
Quant aux autres : bon download……..  » Willy.