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Rodriguez Jr. (Mobilee – Fr)

Rodriguez Jr. (Mobilee – Fr)

Présidente Association Teckyo

Rodriguez Jr, producteur Montpelliérain, que l’on a tous connu au sein du duo « The Yougsters » avec Gil le Gamin, sort un nouvel album sur Mobilee.

C’est donc naturellement que nous avons voulu faire son interview, puisqu’il est, de surcroît, présent sur de nombreux festivals, cet été.

Ton prochain album « baobab » sort en juin toujours sur Mobilee. Peux tu nous expliquer le titre de ton album ? Quelle est l’ambiance générale de cet album ?

Après toutes ces années passées à voyager dans des continents différents, j’ai ressenti le besoin de retrouver mes bases : la musique que j’écoutais quand j’étais gamin, ma vie à Nîmes et à Montpellier, la Méditerranée, l’incroyable enthousiasme et l’état d’urgence que tu as quand tu te lances… Il y a plein de clins d’œil à tout ça dans l’album, plein de détails parfois cachés qui font références à des vieux disques, à des moments passées dans le Sud, mon adolescence.

J’avais l’image de ce vieil arbre qui grandit dans un environnement hostile grâce à ses racines et trouvais que ça représentait bien ce que je ressentais à ce moment là.

J’ai vraiment fait gaffe à ce que ma démarche ne soit pas nostalgique – la nostalgie est un poison horrible pour ce qu’on fait, et ça rend souvent con – et me suis plutôt concentré sur l’idée de me retrouver et d’en faire quelque chose de nouveau.

Au niveau de l’ambiance, il y différentes phases : des trucs très mélodiques, parfois pop, et aussi des choses plus dancefloor. Ça reste ouvert sur tout ce que j’aime et qui a fait mon son.

L’aventure continue avec le label Mobilee qui a produit ton premier album « Bittersweet » en 2011. C’est le label qui te porte chance ?

Oui, ils m’ont porté chance. Mais c’est d’abord une longue histoire d’amitié avec Anja Schneider et Ralf Kollmann. On s’est rencontré il y a plus de 15 ans, à l’époque des Youngsters, et on ne s’est jamais quitté. Cette complicité et cette confiance me permettent d’aller où je veux, avec une super équipe derrière moi. Ils m’ont aussi aidé à relancer la machine en 2007, en pleine phase post-Youngsters. Je ne savais plus trop où aller et j’étais vraiment à la limite d’arrêter tout ça… Anja m’a aidé à trouver ma voie et m’a redonné confiance en moi.

Pour ‘Baobab’, le deal est quand même un peu différent car il est distribué par !K7, connu pour ses compiles DJ Kicks, qui nous permet d’avoir beaucoup plus de visibilité et d’impact, notamment sur les plate-formes digitales.

Tu as eu une super année 2016 ; encensé par de nombreux magazines (Magnetic Magazine, Resident advisor, Beatport) tant pour ton live que pour tes productions. Éprouves-tu toujours autant de plaisir à tourner ou à produire ?

Plus que jamais ! Ça fait plaisir de voir que les gens te suivent. Ça donne de l’élan. J’ai toujours autant de plaisir à voyager et jouer pour différents publics tous les week-ends. C’est une drogue super addictive, je ne pourrai jamais m’en passer. Et j’ai toujours été un bourreau de travail en studio – j’y passe plus de 12 heures par jours ce qui est parfois un enfer pour mon entourage. Mais ça m’évite aussi de tomber dans l’horrible crise de la quarantaine!

Tu te produira en Live à au Festival Kolorz à Carpentras. On se souvient de ta prestation au Festival Résonance à Avignon. Le nouveau Live sera dans le même esprit ?

Mon set-up a pas mal évolué : les contrôleurs, la boite à rythme, le synthé … Il y a beaucoup plus d’improvisation et d’interaction. Mais on garde l’esprit. Avec plein de nouveaux titres. Enfin!

Quel est le festival que tu recommanderais ?

Desert Hearts aux Etats-Unis. C’est un peu loin d’ici, mais c’est assez unique. Un truc post-hippie dans le désert Californien, près de San Diego ; un espèce de petit Burning Man, conduit par une bande d’allumés. J’ai pris une monstrueuse claque là bas – l’impression que ma musique résonnait différemment et rencontrait le bon public, au bon endroit, et au bon moment.

Plus près de nous, il y a eu Fusion en Allemagne l’an dernier. Je crois que ça n’aura pas lieu cette année. Mais c’est un truc mortel, un peu alternatif à la base, pas de bénéfice, la bouffe est bio … Tout le monde se bat pour aller jouer là-bas. Il n’y a pas vraiment d’équivalent en France.

Pourquoi l’aventure Youngsters s’est-elle arrêtée et quels (bons ou mauvais ) souvenirs en gardes-tu ?

Je n’en garde, bien sûr, que des bons souvenirs ! Ça a été une expérience extraordinaire pendant laquelle j’ai beaucoup appris. J’avais 22 ans lorsque Morand nous a appelés et nous a invités à rejoindre F-Communications. Avec lui, j’ai appris comment fonctionnait le monde de la musique, l’édition, la distribution. Et avec Laurent Garnier, j’ai appris à comprendre comment fonctionnait un dancefloor. Je me souviens le regarder jouer pendant des heures dans la cabine, et il m’annonçait parfois ce qu’il allait jouer, plusieurs coups à l’avance, comme une partie d’échec. C’est définitivement mon mentor.

L’aventure Youngsters s’est malheureusement arrêtée en même temps que celle de F-Communications. Nous avons essayé de rebondir avec des sorties sur Ovum ou 2020Vision, mais nous étions trop associés à F-Com, dans l’esprit des gens. Il y a aussi eu mon départ de Montpellier et l’éloignement géographique qui n’a pas aider à à avancer en studio avec Gil. Et puis l’envie de me concentrer sur ma propre musique, mes influences ; c’était sans doute le bon moment.

As-tu de nouveaux projets de collaboration où préfères-tu continuer une carrière solo ?

Beaucoup de collaborations en préparation ! Je ne peux malheureusement pas encore tout révéler. C’est toujours rafraîchissant de travailler avec d’autres artistes et de partager des moments en studio.

Je suis en train de terminer un maxi avec mon cher ami Marc Romboy – un truc émouvant avec du piano, des cordes. J’ai aussi envie de passer plus de temps en studio avec Liset Alea, qui a chanté sur trois titres de l’album – elle est vraiment incroyable au niveau de l’écriture, de la voix.

Il y a aussi Sasha qui m’a récemment invité à chanter sur la scène du Barbican à Londres, avec un orchestre à cordes, pour ses concerts Re:Fracted. C’était un vieux titre des Youngsters (‘Smile’) qu’il avait remixé, il y plus de 15 ans. Ça nous a pas mal rapproché et donné envie de faire des choses ensemble…

Quel est ton titre coup de cœur du moment / incontournable ?

Howling, ça me plaît bien avec l’été qui arrive. Et puis le maxi de Gheist sur Last Night On Heart. Ils sont bons ces jeunes !

Quel est l’artiste que tu retiendrai et pourquoi : entre daft punk ou kraftwerk ? Laurent garnier ou Jeff Mills ? Amon Tobin ou dj Shadow ?

Ah, voilà les questions qui font mal ! Tu préfères avoir une jambe en mousse ou un bras de trois mètres? Voyons voir…

  • Kraftwerk, parce qu’absolument rien ne peut rivaliser. Ils ont influencé plusieurs générations d’artistes et engendré une multitude de courants musicaux.

  • Laurent Garnier, parce qu’il m’a tout appris et parce qu’il reste le meilleur DJ du monde.

  • Amon Tobin, l’expérimentation perpétuelle, pas de limites, pas de frontières.

 

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