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La 12ème édition de Marsatac se déroulait cette année, après maintes tergiversations, à la Friche Belle de Mai, relookée pour l’occasion. On aurait pu se croire à Berlin, tant le cadre rappelait les friches industrielles transformées en club de la capitale allemande.
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Deux espaces extérieurs (dont un avec chapiteau) entouraient trois salles : le Cabaret Aléatoire, la Seita et l’énorme Cartonnerie, communiquant par un tunnel illuminé de boules à facettes.
Nous attaquons notre périple, vendredi soir, avec Beat Assaillant dans la magnifique salle de la Cartonnerie qui scintillait de mille feux, grâce à des leds placés sur les murs. Le groupe franco-américain mené par Adam Turner est rodé en ce qui concerne les prestations live et c’est avec une facilité déconcertante qu’il fera bouger le public pendant prés d’une heure, balayant ses trois albums, zappant entre hip hop et jazz !
Nous enchaînons avec l’anglais Beardyman, au Cabaret Aléatoire. Sa technique est époustouflante ; le beatboxer sait tout faire : lignes rythmiques, basses, cuivres etc. Il se moquera même de notre Président ! Par contre, les conditions deviennent vite insupportables, avec la chaleur, les mouvements de foule et le son saturé ! Exit le Cabaret ! Direction la salle Seita pour voir les Scratch Bandits Crew. Les conditions ne sont pas optimales mais on peut encore apprécier le show, calés sur le coté. Dans la lignée des Birdy Nam Nam, cette formation composée de 3 turntablists, se démarque avec une mise en scène originale et sympathique (jeu de lumière, show vidéo). Travaillant sur sa propre matière sonore (batterie, percussions, cuivres, synthés…), jonglant avec l’analogique et le numérique, le Scratch Bandits Crew n’est pas là pour nous montrer des prouesses techniques mais pour nous faire apprécier son album « En Petites coupures », oscillant entre électro et jazz. Après Missill, toujours aussi survoltée, passant la majeure partie de son mix, les bras en l’air (pas l’idéal pour caler des disques, mais il faut croire que ce n’est pas sa priorité), A Trak s’installe pour deux heures de set. Enorme technicien des platines, vénéré par les connaisseurs, il est surtout un sorcier du dancefloor car personne ne peut résister à ses mixs ! Ici, il attaque par une phase techno, continue avec du hip hop old school, avec un clin d’oeil aux marseillais avec le « Bad boys de Marseille » pour finir en beauté par du booty et Miami bass. D’ailleurs, c’est la première fois que je vois un public danser la chenille sur ce style de musique. J’en ai eu la confirmation ce soir là : ils sont fous ces marseillais ! Pour finir, The Qemist nous a achevé avec sa drum’n’bass hardstep. Heureusement, l’arrivée de la chanteuse Jenna G aura donnée au show une dimension beaucoup plus lyrique, « une touche de douceur dans ce monde de brute » !
Samedi soir, la Friche est pleine à craquer et la jauge maximale largement atteinte puisque les festivaliers sont au nombre de 9 000. Le mistral se rajoute au froid de la veille (décidément, le froid aura été un dénominateur commun à tous les festivals de cette année 2010), obligeant les organisateurs à démonter la toile du grand chapiteau. De quoi rajouter un aspect "underground" à la Friche. La découverte SFR jeunes talents s’appelait Tha Trickaz, cette année. Les vietnamists masqués frapperont fort avec leur son dubstep, électro, hip hop, agrémenté de répliques de films ! Daedelus leur succède. Le dandy nous offre un pur moment de bonheur, maîtrisant parfaitement son sujet. Ce live est sans doute l’un des moments forts du festival ! Mandy officie en extérieur, mais le froid glacial ne nous permet pas d’apprécier le set. Du côté de la Cartonnerie, une Légère déception avec Aéroplane qui a eu du mal à décoller. Enfin vient l’heure de voir Mr. Oizo. Tout le public s’est donné rendez vous et la salle est blindée ! Son set est lourd et massif. “Vous êtes des animaux“, “Vous allez tous mourir ce soir à Marseille“ suffisent à rendre le public hystérique. Mr Oizo ne fait pourtant pas l’unanimité au sein du crew. Enfin, Erol Alkan devait clôturer cette édition. Malheureusement, après une petite demi heure et en pleine montée, plus de son ! C’est sur cette frustration que nous quittâmes le site.
Bien que tous les moyens aient été mis en œuvre pour recevoir le public au mieux, force est de constater que la Friche n’a pas la configuration adéquate pour que Marsatac se déroule dans des conditions optimales (sécurité, son). Espérons que la Mairie accédera à la demande de l’organisation d’installer Marsatac sur les plages du Prado...
Marseille n’est-elle pas en 2013 la capitale européenne de la Culture ?
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